La peinture d’Émilie Walcker procède d’une tension constante entre observation et imaginaire, entre la précision du dessin et l’irruption du rêve. Issue d’une lignée de peintres — son père comme ses grands-parents — elle s’inscrit dans une tradition européenne du dessin et de la peinture où le réel n’est jamais considéré comme une donnée stable, mais comme une topographie à déplacer, à traverser, à recomposer. Son travail, profondément figuratif, s’attache ainsi moins à reproduire le monde qu’à en révéler les zones latentes : une topographie du réel qui devient progressivement topographie de l’imaginaire.

Balcon, huile sur toile, 65×70cm, 2012

Yann, huile sur toile, 41×24cm, 2007

Emily travaille presque essentiellement par séries, comme si chaque motif appelait ses propres variations et chaque expérience son propre vocabulaire plastique : séries animales, rites, danse, figures ou paysages. La répétition n’y est pas procédé mais méthode d’approfondissement ; elle permet au motif de se défaire de sa seule apparence pour atteindre quelque chose de plus ambigu, de plus intérieur. Le fantastique surgit alors sans rupture avec le réel : il en constitue plutôt l’envers, cette part où la mémoire, le désir et le rêve viennent contaminer la perception.

Le bain, huile sur toile, 60×60cm, 2024

Chemise orange, huile sur toile, 60×60cm, 2024

Le ménage, huile sur toile, 60×60cm, 2024

Magda, huile sur toile, 60×60cm, 2024

Scène de chasse, huile sur toile, 80×80cm, 2017

Cette pratique est nourrie par une longue expérience du dessin d’observation, du modèle vivant et de l’illustration, mais aussi par des rencontres qui ont déplacé sa peinture : une résidence à Brasilia et son expérience de la couleur, les collaborations avec le Cirque d’Hiver Bouglione et Émilien Bouglione autour de séries consacrées au cirque, ou encore l’illustration de livres de poésie avec Marilyn Bertoncini et de livres pour la jeunesse, notamment avec Marlène Jobert. Son parcours comprend également des travaux liés à l’univers du métro avec la RATP, ainsi que des publications chez Gallimard et Glénat, dont un ouvrage autour de Harry Potter.

Le bain, acrylique sur papier, 70×100cm, 2016

Chant, acrylique sur papier, 70×100cm, 2016

Tendresse, acrylique sur papier, 50×65, 2016

Félin, acrylique sur papier, 70×100cm, 2016

Chasse, huile sur toile, 100×65cm, 2017

Circus, huile sur papier, 70×110cm, 2016